MaPrimeRénov 2026 : conditions d’éligibilité et montants des aides

Julien Moreau

découvrez les conditions d’éligibilité à maprimerénov’ en 2026, les travaux concernés et les montants des aides selon votre situation.

MaPrimeRénov 2026 peut financer une partie de travaux ciblés ou une rénovation énergétique plus ambitieuse. Mais le montant dépend de plusieurs paramètres : vos revenus, la localisation du logement, son étiquette énergétique et la nature du chantier. Avant de signer un devis, vérifiez les conditions d’éligibilité et le parcours adapté à votre projet : en rénovation d’ampleur, l’accompagnement et les étapes administratives sont particulièrement encadrés.

Les barèmes ci-dessous s’appuient sur le revenu fiscal de référence de 2025 pour une demande déposée en 2026. Les règles et les enveloppes pouvant évoluer, faites confirmer votre situation auprès de France Rénov’ et sur le portail officiel avant tout engagement.

En bref

  • Deux parcours : travaux par geste ou rénovation d’ampleur, avec des conditions différentes.
  • Les revenus du foyer déterminent la catégorie de ressources et influencent les aides accessibles.
  • Le parcours d’ampleur vise les logements classés E, F ou G et impose un gain énergétique minimal.
  • Pour ce parcours, un rendez-vous France Rénov’ et l’accompagnement par Mon Accompagnateur Rénov’ sont requis.
  • Déposez votre dossier avant de démarrer les travaux et attendez l’accusé de réception de l’Anah.

MaPrimeRénov 2026 : deux parcours selon l’ampleur des travaux

Un projet portant sur un seul équipement ne suit pas les mêmes règles qu’une rénovation globale. Le parcours par geste concerne une liste limitée d’opérations, tandis que le parcours rénovation d’ampleur finance un ensemble cohérent de travaux destiné à améliorer nettement le classement énergétique du logement.

Le bon choix dépend donc moins du nombre de devis que du résultat recherché. Remplacer un ancien système de chauffage peut relever du parcours par geste ; traiter en même temps la toiture, les murs, les fenêtres et la ventilation peut justifier une rénovation d’ampleur, après étude du logement.

Le parcours par geste : une aide pour des opérations ciblées

En métropole, les travaux admissibles comprennent notamment certaines pompes à chaleur, le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid, la dépose d’une cuve à fioul et l’audit énergétique. En outre-mer, la liste comprend aussi des équipements solaires thermiques pour l’eau chaude et des solutions de protection contre le rayonnement solaire, comme les sur-toitures ventilées.

Attention à ne pas assimiler solaire thermique et panneaux photovoltaïques : le premier chauffe l’eau grâce au soleil, tandis que le second produit de l’électricité. Les aides présentées ici concernent les opérations expressément prévues dans le parcours, pas tous les équipements solaires. Pour comparer les projets liés à l’habitat et à l’énergie, consultez aussi ces repères sur la mobilisation des aides à la rénovation énergétique.

La rénovation d’ampleur : améliorer plusieurs postes à la fois

Ce parcours concerne les logements dont le DPE est classé E, F ou G avant travaux. Le programme peut traiter l’isolation des murs, des planchers bas, de la toiture ou des menuiseries, ainsi que la ventilation et le chauffage ou la production d’eau chaude sanitaire. Les matériaux et équipements doivent respecter des critères techniques.

Pour une première étape, le projet doit faire gagner au moins deux classes de DPE et comprendre au minimum deux postes d’isolation parmi les murs, les planchers bas, la toiture et les fenêtres. Pour chacun des postes retenus, la surface traitée doit représenter au moins 25 % de la surface concernée du logement. Une éventuelle deuxième étape doit conduire au minimum à la classe C si le logement était initialement F ou G, ou à la classe B s’il était classé E.

À compter du 1er septembre 2026, les règles indiquées pour la rénovation d’ampleur excluent, dans les maisons individuelles, les projets qui conservent un chauffage au gaz après les travaux. Les pompes à chaleur avec appoint fossile, au gaz ou au fioul, ne sont également plus financées dans ce parcours à partir de cette date.

Conditions d’éligibilité : revenus, logement et statut du demandeur

Les conditions varient selon le parcours, mais le statut du propriétaire, l’usage du logement et les ressources restent des points de contrôle majeurs. Un logement éligible doit aussi correspondre aux exigences propres aux travaux demandés : une installation ou un matériau non conforme aux critères techniques peut rendre la dépense non subventionnable.

Les plafonds de revenus en 2026

Pour les demandes déposées en 2026, les ressources sont établies à partir du revenu fiscal de référence 2025. La composition du ménage et la zone géographique déterminent la catégorie : Bleu pour les ressources très modestes, Jaune pour les ressources modestes, Violet pour les ressources intermédiaires et Rose pour les ressources supérieures. Pour un logement loué, les revenus retenus sont ceux du propriétaire bailleur.

Les seuils ci-dessous sont des plafonds annuels. Pour la catégorie Rose, le revenu est supérieur au plafond Violet de la même ligne. Une personne supplémentaire augmente les seuils selon le montant indiqué.

Zone et taille du ménage Bleu : très modestes Jaune : modestes Violet : intermédiaires Rose : supérieures
Hors Île-de-France — 1 personne Jusqu’à 17 363 € Jusqu’à 22 259 € Jusqu’à 31 185 € Au-delà de 31 185 €
Hors Île-de-France — 2 personnes Jusqu’à 25 393 € Jusqu’à 32 553 € Jusqu’à 45 842 € Au-delà de 45 842 €
Hors Île-de-France — 3 personnes Jusqu’à 30 540 € Jusqu’à 39 148 € Jusqu’à 55 196 € Au-delà de 55 196 €
Hors Île-de-France — 4 personnes Jusqu’à 35 676 € Jusqu’à 45 735 € Jusqu’à 64 550 € Au-delà de 64 550 €
Hors Île-de-France — 5 personnes Jusqu’à 40 835 € Jusqu’à 52 348 € Jusqu’à 73 907 € Au-delà de 73 907 €
Île-de-France — 1 personne Jusqu’à 24 031 € Jusqu’à 29 253 € Jusqu’à 40 851 € Au-delà de 40 851 €
Île-de-France — 2 personnes Jusqu’à 35 270 € Jusqu’à 42 933 € Jusqu’à 60 051 € Au-delà de 60 051 €
Île-de-France — 3 personnes Jusqu’à 42 357 € Jusqu’à 51 564 € Jusqu’à 71 846 € Au-delà de 71 846 €
Île-de-France — 4 personnes Jusqu’à 49 455 € Jusqu’à 60 208 € Jusqu’à 84 562 € Au-delà de 84 562 €
Île-de-France — 5 personnes Jusqu’à 56 580 € Jusqu’à 68 877 € Jusqu’à 96 817 € Au-delà de 96 817 €

Pour chaque personne supplémentaire, les plafonds augmentent de 5 151 €, 6 598 € et 9 357 € hors Île-de-France, respectivement pour les catégories Bleu, Jaune et Violet. En Île-de-France, les majorations correspondantes sont de 7 116 €, 8 663 € et 12 257 €. Les mêmes plafonds de ressources sont indiqués pour les deux parcours.

Un couple avec un enfant en région parisienne doit donc comparer son RFR au seuil de la ligne « 3 personnes », et non à un barème national unique. Pour confirmer votre catégorie et les justificatifs à réunir, vous pouvez consulter les conditions officielles de MaPrimeRénov’.

Le propriétaire occupant et le propriétaire bailleur

Un propriétaire occupant doit, pour la rénovation d’ampleur, habiter le logement à titre de résidence principale dans l’année suivant la demande de paiement du solde, puis l’occuper pendant au moins trois ans. Le logement doit avoir été achevé depuis au moins 15 ans à la date de notification de l’aide.

Un propriétaire bailleur doit louer le logement comme résidence principale dans l’année qui suit la demande de solde et le maintenir en location pendant au moins six ans. Il doit informer le locataire que les travaux ont bénéficié de l’aide. En cas de réévaluation du loyer justifiée par les travaux, le montant de la prime doit être déduit du coût retenu pour cette hausse, qui doit également être portée à la connaissance du locataire.

Pour le parcours par geste, l’ancienneté requise est généralement de 15 ans en métropole et de plus de deux ans en outre-mer. En métropole, elle est ramenée à deux ans pour certains projets portant sur une pompe à chaleur ou un raccordement à un réseau de chaleur ou de froid. Les propriétaires occupants et bailleurs doivent aussi respecter les conditions de résidence principale ; le bailleur s’engage à louer le logement pendant six ans.

Montants des aides MaPrimeRénov’ pour la rénovation d’ampleur

Le montant est calculé en appliquant un taux aux dépenses de travaux hors taxes, dans la limite d’un plafond. Le nombre de classes gagnées compte : le plafond de dépenses passe de 30 000 € HT pour un gain de deux classes à 40 000 € HT pour un gain de trois classes ou plus.

Catégorie de ressources Taux de prise en charge Plafond si gain de 2 classes Plafond si gain d’au moins 3 classes Plafond de cumul des aides, TTC
Bleu — très modestes 80 % 30 000 € HT 40 000 € HT 100 % des travaux
Jaune — modestes 60 % 30 000 € HT 40 000 € HT 90 % des travaux
Violet — intermédiaires 45 % 30 000 € HT 40 000 € HT 80 % des travaux
Rose — supérieures 10 % 30 000 € HT 40 000 € HT 50 % des travaux

Par exemple, pour un ménage Violet réalisant un ensemble de travaux ouvrant droit à un gain de deux classes, le calcul théorique est de 45 % des dépenses retenues, dans la limite de 30 000 € HT. Le montant réellement versé dépend aussi des dépenses admissibles et du plafond de cumul toutes aides confondues.

Une seconde étape peut être financée dans les cinq ans, à condition que la première prime ait été versée. Le calcul tient alors compte du gain énergétique total atteint et du nouveau plafond applicable.

Estimez votre aide MaPrimeRénov’ 2026

Une estimation indicative pour le parcours rénovation d’ampleur, selon les taux et plafonds fournis.

Le calcul retient le montant saisi, dans la limite du plafond correspondant au gain énergétique.
À renseigner pour estimer le plafond de cumul des aides.
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Montant indicatif de votre prime À calculer

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Parcours par geste : exemples de montants selon les revenus

Les montants forfaitaires varient selon l’équipement, les revenus et parfois le territoire. En métropole, les aides indiquées pour les pompes à chaleur sont plus élevées pour les ménages Bleu que pour les ménages Violet. Les montants Rose ne sont pas indiqués pour ces gestes dans le barème fourni ; vérifiez l’éligibilité précise avant de retenir un équipement dans votre budget.

Travaux en métropole Bleu Jaune Violet Plafond de dépense indiqué
Pompe à chaleur géothermique ou solarothermique avec échangeur associé 11 000 € 9 000 € 6 000 € 18 000 €
Pompe à chaleur air/eau 5 000 € 4 000 € 3 000 € 12 000 €
Raccordement à un réseau de chaleur ou de froid 1 200 € 800 € 400 € 1 800 €
Dépose d’une cuve à fioul 1 200 € 800 € 400 € 4 000 €
Audit énergétique 500 € 400 € 300 € 800 €

En outre-mer, le parcours par geste comprend des aides spécifiques, dont une prime pour l’équipement de production d’eau chaude solaire thermique : 1 600 € pour un ménage Bleu, 1 300 € pour un ménage Jaune et 1 000 € pour un ménage Violet, dans la limite d’une dépense de 2 600 €. Des aides au mètre carré existent aussi pour certaines protections solaires, sur-toitures et bardages ventilés. Les montants dépendent de la catégorie de revenus et des plafonds propres à chaque opération.

Les aides par geste peuvent être cumulées avec les certificats d’économies d’énergie (CEE), l’éco-PTZ, le prêt avance rénovation et certaines aides locales, sous réserve des plafonds applicables. Pour une rénovation d’ampleur, les CEE sont intégrés au calcul par l’Anah : vous ne devez pas déposer vous-même une demande CEE pour les mêmes travaux. La TVA réduite à 5,5 % peut également s’appliquer lorsque les travaux remplissent les conditions requises.

Demande MaPrimeRénov’ : les étapes à suivre sans précipiter le chantier

En rénovation d’ampleur, la préparation commence avant le dépôt en ligne. Un rendez-vous gratuit avec un conseiller France Rénov’ est obligatoire ; l’attestation remise après l’échange est nécessaire pour le dossier. Le conseiller aide à clarifier les besoins du logement, les règles techniques et les aides mobilisables.

Le parcours se poursuit avec Mon Accompagnateur Rénov’, qui aide à comparer les scénarios de travaux, prépare le dossier et accompagne le chantier jusqu’à sa réception. Cette prestation est prise en charge à hauteur de 100 % pour les ménages Bleu, 80 % pour les Jaune, 40 % pour les Violet et 20 % pour les Rose, dans la limite de 2 000 €. Le plafond peut atteindre 4 000 € dans certaines situations de logement indigne ou de précarité énergétique concernant des ménages très modestes.

  1. Préparez les justificatifs : avis d’imposition, adresse du logement, nombre de personnes du ménage, statut de propriétaire et éléments sur le logement.
  2. Faites réaliser l’audit requis pour une rénovation d’ampleur, avant puis après travaux. Il doit être établi par un professionnel qualifié ; une attestation justifiant la classe énergétique peut remplacer l’audit dans les conditions prévues.
  3. Choisissez des professionnels et équipements adaptés aux critères techniques de l’aide. Vérifiez les qualifications exigées pour le type de travaux concerné.
  4. Déposez la demande sur le portail MaPrimeRénov’ et attendez l’accusé de réception de l’Anah. Cet accusé confirme la réception du dossier, pas l’attribution définitive de l’aide.
  5. Attendez la décision avant de signer le devis et de commencer les travaux. Les travaux par geste doivent être achevés dans les deux ans suivant la notification, ou dans l’année en cas d’avance. Pour le parcours d’ampleur, le délai est de trois ans, réduit à un an en cas d’avance.
  6. Transmettez les justificatifs de fin de chantier pour demander le versement. L’aide est payée en une fois par virement bancaire et l’Anah peut contrôler la conformité des travaux.

Pour une rénovation d’ampleur, l’audit doit comparer les performances énergétiques avant et après les travaux. Une amélioration du DPE ne se résume pas à remplacer un appareil : l’isolation, la ventilation et le chauffage doivent former un ensemble cohérent. Les propriétaires qui hésitent sur l’ordre des travaux peuvent consulter ces conseils pour améliorer un DPE défavorable.

Pour approfondir les critères et les démarches, ce guide des conditions et montants de MaPrimeRénov’ complète les informations officielles. Pour les travaux d’isolation, les repères sur le coût de l’isolation des combles peuvent aussi aider à préparer les premiers devis.

Les erreurs qui peuvent retarder ou compromettre l’aide

Le piège classique consiste à prendre l’accusé de réception pour une autorisation de travaux. Ce document indique que le dossier a été reçu et va être étudié ; il ne garantit pas que la prime sera accordée. La décision dépend notamment de l’éligibilité du ménage, du logement, des travaux et des crédits disponibles.

  • Ne commencez pas le chantier trop tôt : attendez l’accusé de réception de l’Anah, puis la confirmation d’attribution avant de signer le devis selon le parcours applicable.
  • Ne confondez pas les barèmes : les chiffres de revenus sont ceux du RFR 2025 pour une demande en 2026, et les seuils changent selon la zone et la taille du ménage.
  • Vérifiez le périmètre technique : une pompe à chaleur, une ventilation ou un isolant doit respecter les critères exigés pour être pris en compte.
  • Déclarez les autres aides perçues : elles peuvent modifier le montant final en raison des plafonds de cumul.
  • Gardez les devis, factures et justificatifs : l’Anah peut contrôler la réalisation et la conformité du projet.

Les travaux de rénovation énergétique d’une résidence principale peuvent, sous conditions, faire partie des cas de déblocage anticipé d’un plan d’épargne entreprise. Ce levier ne remplace pas la vérification des aides, mais peut contribuer à financer le reste à charge.

Les points à vérifier avant de demander MaPrimeRénov 2026

Commencez par relever le DPE, vérifier votre RFR 2025 et identifier le parcours correspondant aux travaux envisagés. Prenez ensuite conseil auprès de France Rénov’ avant toute signature : pour obtenir une aide financière, l’ordre des démarches compte autant que le choix des équipements.

Quel revenu fiscal faut-il déclarer pour une demande en 2026 ?

Le barème indiqué pour une demande déposée en 2026 repose sur le revenu fiscal de référence de 2025. Le plafond applicable dépend de la zone géographique et du nombre de personnes du ménage. Pour un logement loué, les revenus pris en compte sont ceux du propriétaire bailleur.

Un propriétaire bailleur peut-il demander MaPrimeRénov’ ?

Oui, sous réserve des conditions du parcours et du logement. Pour une rénovation d’ampleur, le logement doit être loué comme résidence principale dans l’année suivant la demande de solde et rester loué au moins six ans. Le locataire doit être informé des travaux financés.

Peut-on commencer les travaux après avoir reçu l’accusé de réception ?

L’accusé de réception confirme que le dossier est reçu, mais ne vaut pas décision d’attribution. Respectez les étapes de votre parcours et attendez la confirmation de l’Anah avant de signer le devis et de démarrer le chantier.

Les aides MaPrimeRénov’ sont-elles cumulables avec les CEE ?

Le parcours par geste peut être cumulé avec des CEE, sous réserve des plafonds et de la déclaration des autres aides. Pour une rénovation d’ampleur, l’Anah intègre les CEE au calcul : vous ne devez pas déposer de demande personnelle pour les mêmes travaux.